Test de Linux Mint 12

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Test de Linux Mint 12

par Jiel

Linux Mint 12 est sortie le 26 novembre dernier. S'en est rapidement suivi une polémique dans l'internet geek, en particulier sur Pingdom, puis Numerama et dans les journaux et les nouvelles de LinuxFR : Linux Mint a t-il dépassé Ubuntu en popularité ?

Il faut dire que l'équipe de Linux Mint a une communication plutôt ambitieuse : sur son site, on peut lire dans la page « à propos » que Mint serait le 4e système d'exploitation pour la bureautique le plus utilisé après Windows, Mac OS et Ubuntu (ce qui est forcément faux, car Ubuntu et Mint sont deux distributions du même système d'exploitation GNU/Linux). On constate aussi que Linux Mint est premier sur Distrowatch depuis de nombreux mois, devant Ubuntu et Fedora, et qu'il est bien classé dans certaines statistiques de Google.

Alors, Linux Mint est-elle vraiment la distribution la plus populaire ? Probablement non. Ce n'est pas ce qu'on observe « sur le terrain », et rappelons-nous que pendant de nombreux mois, PCLinuxOS caracolait en tête sur Distrowatch mais que son nombre d'utilisateurs n'a sans doute jamais dépassé 10% de ceux de Mandriva dont il était issu. Par contre, Linux Mint gagne assurément en popularité et semble attirer des déçus d'Ubuntu.

La popularité d'une distribution étant un sujet difficile à déterminer et trollesque, à Léa, nous avons décidé de nous y prendre autrement : et si on regardait ce que c'est vraiment, Mint ? C'est parti pour un (rapide) test de la version principale « Main » !

Tout d'abord, dès l'installation, on se rend compte de la proximité de Mint avec Ubuntu : c'est le même installeur Ubiquity, juste la charte graphique change. Parce que Mint, finalement, ce n'est qu'une Ubuntu personnalisée (et donc par richochet une base Debian). On s'en rendra compte très vite en visitant le fichier /etc/apt/sources.list : toutes les sources de paquets sauf la première sont des sources Ubuntu. D'ailleurs, Mint sort toujours après Ubuntu. Cependant, ce n'est pas exactement Ubuntu quand même. Concernant l'installation, rien de très compliqué : c'est parfois un peu long, mais l'installeur est en français et les questions posées sont basiques.

Au premier démarrage, Mint peut proposer de télécharger des pilotes pour les cartes sans fil ou les cartes vidéos (NVIDIA, ATI etc.). En lançant Firefox, on voit que les plugins Java et Flash 11 sont directement installés dans le navigateur. Des codecs multimédias sont également installés par défaut. D'une façon générale, Mint intégre pas mal de logiciels privateurs par défaut. Pratique pour le débutant qui veut aller sur Youtube, mais pas très bon en pédagogie libriste ! Il existe un live CD « sans codecs ». A noter aussi que le moteur de recherche par défaut n'est pas Google mais DuckDuckGo.

L'écran de démarrage propose quatre modes d'environnement de bureau par défaut : GNOME, GNOME Classic, GNOME Classic (Sans effets) et MATE :

  • GNOME correspond à GNOME 3 ;
  • GNOME Classic - appelé parfois aussi GNOME 3 Fallback - correspond grosso modo à GNOME 2.32 (sans effets = sans Compiz) ;
  • MATE est le nouveau fork de GNOME 2, encore instable et expérimental, dont le but est de continuer à faire vivre GNOME 2.

C'est là une grosse différence avec Ubuntu ! Linux Mint a choisi de ne pas utiliser Unity mais plutôt le bureau 3D officiel de GNOME, GNOME Shell auquel les développeurs ont rajouté quelques extensions pour donner « Mint GNOME Shell Extensions » (MGSE).

GNOME 3 façon Mint se révèle être joli, mais plutôt lent et pas hyper réactif. On voit qu'à l'instar de l'équipe de Fedora, Mint a travaillé sur l'inégration de GNOME 3. MGSE ajoute notamment un panneau de fond et un menu d'applications. A noter que ce menu du bas ressemble beaucoup au menu Lancelot de KDE 4. Le thème GTK+ est appelé Mint-Z et présente une teinte argentée et verte (comme la menthe, mint en anglais) ; c'est une combinaison de l'ancien thème Mint-X et des thèmes GNOME Zukitwo. Il existe également un 2e thème Mint-Z-Dark plus sombre. Pour l'anecdote, les photos d'arrière-plan ont été prises en Inde et au Parc national Yellowstone aux Etats-Unis d'Amérique. MATE ne semble pas pleinement fonctionnel ; on notera que de nombreuses applications telles que Totem, gEdit, Nautilus sont absentes. Bien sûr, il est possible d'installer Unity sur Mint, même si dans ce cas là, on voit plus trop l'intérêt de ne pas utiliser directement Ubuntu 11.10 ...

Pour finir le tour d'horizon, qu'y a t'il sous le capot ? Linux 3.0, X.org 1.10.4, Ubuntu 11.10, GNOME 3.2.0, MATE, Firefox 7.0.1, LibreOffice 3.4.4.

En résumé, Linux Mint n'est pas une distribution révolutionnaire, mais plutôt une déclinaison d'Ubuntu avec quelques originalités. On peut d'ores et déjà se douter que les contributions de Mint à l'écosystème GNU/Linux ne doivent pas être bien importantes, mais une des caractéristiques du logiciel libre, c'est d'offrir un large panel de choix : sa popularité croissante montre que Mint a raison d'exister. Si vous n'aimez pas Unity ou que vous que vous voulez changer un peu d'Ubuntu mais pas trop, elle est pour vous.

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© 2011 Jiel Beaumadier

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