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Préparer l'installation


Préparation à l'installation de Linux

Par Jean-Christophe, sur la base du travail de Serge

Cette partie traite de la préparation que vous et votre ordinateur devrez subir avant d'installer Linux ;-)

Cette page est considérée comme étant obsolète.

C'est à dire que les informations qu'elle contient ne sont plus du tout à jour par rapport aux évolutions de GNU/Linux et des autres logiciels libres. Il peut même s'avérer risqué d'essayer de suivre les recommandations de cette page. Cette page n'est donc conservée que pour des raisons historiques ou les gens qui utiliseraient de vieilles distributions GNU/Linux.

/!\ Une version moderne de cet article figure ici : Préparer l'installation de GNU/Linux.

Vérifier son matériel

Avertissement

Linux ne supporte pas tous les matériels qui existent dans le commerce ou ailleurs. La faute en revient aux constructeurs qui développent des drivers en général uniquement pour Windows. Les drivers Linux sont, dans ce cas, développés par des personnes qui possèdent un matériel qu'ils souhaitent utiliser avec Linux ; cela n'est possible que si le fabricant ne garde pas secrètes les spécifications de son matériel, ce qui est malheureusement encore souvent le cas. Dans ce cas, je vous invite à ne pas acheter et à ne pas faire acheter les pièces de ces fabricants afin de faire pression sur eux.

Prérequis :

  • Microprocesseur : x86 à base de microprocesseur 386 minimum (Intel ou compatible comme AMD, CYRIX, etc.)
    (Je ne traite ici que des plates-formes compatibles IBM PC)
    Il existe des versions de Linux pour le matériel plus vieux (286, etc.), mais cela dépasse le cadre de cette rubrique.
    Il existe aussi des distributions de Linux pour 680xx (MkLinux), PowerPC (Linux PPC, debian PPC, Mandriva PPC ou Gentoo PPC), Alpha, etc.
  • Disque dur : prévoyez pour le système lui-même de l'ordre de 6 Go pour une distribution assez récente, surtout si vous installez X Window (le système graphique de Linux) avec des environnements de bureau de type KDE ou Gnome (très à la mode dans les distributions actuelles). Prévoyez aussi environ 256 Mo supplémentaires pour le Swap (i.e. mémoire virtuelle).
    Avec ça, vous allez déjà pouvoir faire tourner plein de choses. Sachez cependant que des mini-distributions (ou parmi les distributions classiques, la Slackware ou ses dérivées comme la drinou-linux) passent avec 100 ou 150 Mo de disque dur, mais là, pas question d’avoir un système graphique (encore que…), ni de grosses applications de style base de données, etc. Et enfin autant de gigas que vous voulez pour la partition destinée aux données des utilisateurs (/home).
  • Mémoire : prévoyez environ 128 à 256 Mo avec un système X (ça passe avec 64 Mo, mais avec les nouveaux environnements sous X ça risque de ramer) et plus vous en avez : mieux c’est.
    Là aussi, c'est juste une recommandation pour utiliser les logiciels les plus courants inclus dans les distributions. Maintenant, si vous prévoyez de faire de votre serveur Linux une vraie usine à gaz (serveur web, base de données SQL, proxy serveur, OpenOffice.org…), prévoyez plus de mémoire.

D’une manière générale, il vaut mieux éviter de recycler un vieux PC de type pentium 1 et en dessous si vous voulez essayer un système Linux. Bien que ça soit possible, c’est loin d’être idéal pour une première expérience, les distributions modernes venant par défaut avec la plupart des fonctionnalités activées pour un plus grand confort de l’utilisateur.

Maintenant voyons de plus près le matériel supporté. Sachez qu’une liste assez complète se trouve dans le Hardware-HOWTO (anglais/français) sur le site TLDP (The Linux Documentation Project <www.tldp.org>).
En détail :

  • Les disques durs SCSI et IDE ainsi que leurs contrôleurs sont supportés dans l'énorme majorité des cas. Pour faire fonctionner un disque Serial ATA vous risquez d'avoir quelques problèmes avec l'installation par défaut des distributions d'avant 2007 : prévoyez un disque IDE standard pour faire l’installation et vous verrez après comment installer l’éventuel pilote Serial ATA.
  • Les cartes réseau de type compatible NE2000 ISA ou PCI, ainsi que les cartes 3COM, HP, AMD… sont très bien supportées. En fait, quasiment toutes les cartes réseau fonctionnent sous Linux sans problème.
  • Les modems rtc (56k et autres) compatibles HAYES (attention toutefois à certains US Robotics) sont reconnus. Evitez les soft-modems ou win-modems qui ne marchent que sous Windows (US Robotics Winmodem, modems internes PCI en général). La communauté Linux a développé des pilotes pour la plupart de ces modems. Leur installation est pénible, mais de moins en moins. Les modems externes sur port série ainsi que les modems sur bus ISA sont OK.
  • Les modems ADSL : ECI USB et Alcatel/Thomson SpeedTouch USB sont supportés, ainsi que la plupart des modems BeWAN. Tous les modems ADSL Ethernet sont supportés. Toutefois, certains fournisseurs d'accès (ex. AOL pour ne pas le citer) rendent la connexion depuis Linux très complexe, allant jusqu’à tenter de faire interdire certains logiciels de connexion (penggy) alors qu’ils n'en fournissent même pas !
  • Les cartes graphiques : toutes les cartes anciennes de type S3, S3 Virge, Trident, Cirrus Logic, 3Dfx, Matrox etc. passent sans problème. Au niveau de l'accélération 3D, les cartes 3Dfx semblent parfaitement supportées. Les cartes nVidia fonctionnent en 2D et très bien en 3D avec les pilotes propriétaires nVidia. La plupart des cartes de chez ATI fonctionnent aussi en 2D (y compris les Radeon 8500…) et certaines sont supportées en 3D accélérée par XFree 4.3.0. via le module dri. ATI fournit aussi un pilote 3D propriétaire qui peut être un supplice à installer.
  • Les cartes contrôleurs PCI série multiports, parallèle, usb, IDE, SATA, firewire... : Fonctionnent.
  • tuner TV (cartes ou clefs USB) : les cartes à base de chipset BT8xx (848, 878...) sont très bien supportées (comme la Mìro PCTV). Les cartes ATI ALL in Wonder disposent aussi de drivers, voir gatos.sourceforge.net. Ces cartes sont aujourd'hui en général configurées automatiquement. En cas de problème vous pouvez consulter l'article sur les cartes tuner TV. A noter que certains adapteurs télé TNT sous forme de clef USB (marque Terratec par exemple) sont bien supportés (voir linuxtv.org).
  • De plus en plus de webcams sont supportées. Les webcams philips sont supportées par un pilote spécifique, et beaucoup d'autres sont prises en charge par le module OV511 ou par le module CPiA. Voir également ici pour d'autres marques et modèles: http://qce-ga.sourceforge.net/.
  • Scanners : évitez les scanners parallèles car ils ne sont pas encore très bien supportés. En revanche, beaucoup de scanners SCSI et USB fonctionnent très bien (voir la home page de SANE pour les scanners supportés).
    A noter que certains fabricants ont décidé de ne plus développer de pilotes Windows 2000 et/ou XP pour leurs anciens scanners. Cela peut être une bonne raison de passer à Linux si le scanner y est supporté !
  • Imprimantes : Peu de soucis de ce côté. Cherchez les modèles compatibles ici: http://www.cups.org/ppd.php. Evitez toutefois quelques anciennes Hewlett Packard jet d’encre qui sont en fait des win-imprimantes (ex : HP820 Cxi) ne fonctionnant que sous Windows 9x (même pas NT !), et vérifiez bien la compatilbilité de certaines laser.
  • Lecteurs ZIP sur port parallèle, SCSI ou USB : aucun problème.
  • Lecteurs JAZ, ZIP, de bandes, etc. SCSI : tous très bien supportés. Il n'y a quasiment pas de configuration à faire.
  • Lecteurs CD-ROM et graveur : les graveurs SCSI ou IDE fonctionnent sous Linux sans problème, les distributions récentes les configurent automatiquement et vous n'aurez aucun souci. Seul bémol, la mise à jour des firmware se fait la plupart du temps sous Windows.
  • Les périphériques USB sont relativement bien supportés quand les constructeurs fournissent des documentations techniques. Ainsi, les souris USB, les claviers USB (même ceux ayant des touches supplémentaires, voir : LinEAK), les webcams, les modems ADSL, les appareils photos numériques, les USB-Keys, etc. sont très bien supportés, sauf exception ou toute dernière nouveauté.
  • Les DVD sont très bien supportés, essentiellement par plusieurs logiciels : xine, mplayer ou ogle. Les graveurs de DVD sont eux aussi assez bien supportés (de la même façon que les graveurs de CD, et par les mêmes logiciels).

Voilà, cette liste est très incomplète mais permet de débuter. Pour une liste plus complète de matériels supportés, allez voir le Hardware-HOWTO (anglais/français) pour les matériels spécifiques.

Choisir sa distribution

Il y a dans les listes de distribution et sur usenet des débats acharnés où chacun cherche à prouver que sa distribution est meilleure que les autres. C'est avant tout une question de goût personnel. Voici les principales distributions :

Distribution

Commentaire

type de
paquet

Redhat/Fedora (site)

Redhat/Fedora (site fr)

La plus connue. Assez simple à installer pour un débutant mais pas la plus simple à maintenir à mon goût.

rpm

Mandriva (site)

C'est une des distributions les plus utilisée sur le bureau. C'est certainement l'une des plus faciles à installer, elle dispose d'un bon site pour avoir des correctifs, forums... et de plus elle est francisée (elle est réalisée par une société française). Vu le support qu'il y a derrière, grâce à leur site et leurs listes de diffusions, je trouve que cette distribution est un bon choix pour un débutant. De plus, cette distribution est complètement libre.

rpm

SuSE/OpenSuSE (site)

Très bonne distribution pour les débutants aussi (installation simple) et bon site aussi pour le support.

rpm

Debian et ubuntu (site)

C'est vraiment LA distribution libre (elle ne comporte que des logiciels libres) et à part : le groupe de développeurs ne met à la disposition des personnes intéressées que l'image ISO de la distribution : il n'y a pas de société pour la commercialiser - et aucun impératif marketing, au contraire : la distribution sort quand les développeurs responsables du projet Debian estiment que tout est bon (ce qui donne des décalages entre ce qui était annoncé et la date réelle de sortie !). Bref, c'est une distribution très stable, mais plutôt pour les initiés. La société Canonical a donc décidé de fournir une Debian modifiée appelée Ubuntu, qui serait plus facile à prendre en main, mais qui en garderait les qualités et resterait entièrement compatible avec Debian.

deb

Slackware (site)

Je la trouve excellente; l'installation n'est pas toute simple, mais je trouve sa maintenance plus aisée que sur les Red-Hat. Bref, c'est une distribution pour les initiés. Par contre, la Slackware est souvent en retard par rapport aux autres distributions au niveau des versions des logiciels.
Cette distribution permet de s'installer dans très peu de place disque (moins de 100 Mo) en ne choisissant que les packages indispensables.

.tar.gz

Gentoo (site)

C'est une distribution 'source' : on démarre avec un CD bootable en mode texte, on lit la documentation fournie et on compile tous les outils qu'on va utiliser. C'est une distribution qu'on choisit lorsqu'on a un peu de pratique.
Sa grande qualité : un excellent gestionnaire de package inspiré des "ports" de BSD.

.ebuild

• Il existe encore bien d'autres distributions...

La facilité de trouver des paquets rpm milite également en faveur de Fedora et de Mandriva, mais on trouve également tout en .tar.gz, ce qui permet d'installer tout logiciel sur toute distribution ; il suffit de le compiler si le package ne contient pas une version binaire.

Pour plus d’informations sur les différentes distributions, vous pouvez aller lire l’article : Un manchot sur ma machine.

Se procurer une distribution :
Si vous avez une bonne connexion au Net (ADSL, câble ou LS à votre travail) vous pouvez télécharger une distribution complète. Mandriva, Fedora, Debian et Ubuntu sont disponibles en image ISO (un seul fichier d'environ 700 Mo qu'il suffit ensuite de graver sur un CD).
Si vous souhaitez/devez acheter une distribution, vous la trouverez dans les librairies, FNAC, etc. Optez pour l'une d'elles avec si possible un gros livre fourni avec. Evitez aussi les distributions en boîte à plus de 60 euros, on est souvent déçu par le soit-disant contenu. Mandriva vend un DVD comportant tous les logiciels de la distribution, il est très pratique. De plus, de nombreux magazines informatiques proposent régulièrement sans supplément de prix (vers les 6 ou 7 euros donc) une distribution toute récente. Vous pouvez également trouver tout un tas de CD à bas prix en suivant ce lien chez Mandriva, ou chez Ikarios.

Débuter :
Si vous commencez avec Linux, je vous conseille de choisir Mandriva ou SuSE, ou mieux : commencez par tester Linux avec le Live-CD de Knoppix : c'est une distribution qui est conçue pour fonctionner depuis le CD, sans s'installer sur le disque dur. Pour tester Linux en grandeur nature sur votre matériel, c'est l'idéal.

3. Préparer ses disques durs.

Je ne vais pas vous décrire toute la procédure d'installation, mais vous donner des conseils utiles, avec un peu d'explications. Le installation-HOWTO (anglais/français) ou le Guide d'installation et de démarrage (en anglais) sont là pour ça, les docs des distribs et des centaines d'autres sites aussi.

Un peu de théorie

Les systèmes de fichiers

Le système de fichiers (ou File System ou FS), c'est la façon dont le système d'exploitation structure les données sur le disque dur.

Comme tout système d'exploitation, Linux dispose de ses propres systèmes de fichiers :

  • EXT2FS (ou ext2) : c'est le système de fichiers historique de Linux, il n'est pas forcément le meilleur choix car, n'étant pas journalisé, si vous éteignez mal votre ordinateur, linux prendra beaucoup de temps pour tester les disques durs (de la même manière que le scandisk de Microsoft).
  • EXT3FS (ou ext3) : c'est l'évolution logique du ext2. Il présente l'avantage d'être compatible avec l'ext2 tout en étant journalisé. Il n'implémente toute fois pas les toutes dernières innovations en matière de journalisation. Utilisez ce système de fichiers si vous comptez pouvoir relire des informations depuis votre Mac OS X ou windows.
  • REISERFS : c'est un système de fichiers journalisé. C'est un bon choix. Il est réimplémenté à partir de zéro et bénéficie de beaucoup d'innovations.

Il en existe d'autres, mais préférez-leur l'un de ceux-là, sauf si vous avez une bonne raison.

Windows XP (ainsi que Windows NT et Windows 2000) recommandent l'utilisation du système de fichiers NTFS. Microsoft n'ayant pas fourni les spécifications techniques de ce format, Linux a encore du mal à le gérer correctement. Linux sait parfaitement lire les informations sur une partition NTFS mais c'est à vos risques et périls que vous écrirez sur de telles partitions.

Le système VFAT (partitions limitées à 2 Go) ou FAT32, voire FAT (l'ancien système de fichier du DOS), est celui utilisé par les versions plus anciennes de Windows. Il parfaitement géré par XP, NT et 2000. Si vous ne pouvez pas installer Linux sur une partition de ce type, car ce système de fichiers ne gère pas les permissions, VFAT est en revanche le système de fichiers permettant un partage facile d'informations entre Linux et Windows. Si vous souhaitez lire/écrire et utiliser des documents sous les deux systèmes d'exploitation, il peut être intéressant de prévoir une partition en VFAT-FAT32 pour que le partage s'effectue simplement).

Les disques durs et les partitions sous Linux

Tout d'abord, voyons comment Linux identifie et organise les disques durs.

Pour les disques IDE, la numérotation se fait avec un préfixe "hd", suivi par une lettre, "a" pour le premier IDE maître, "b" pour le premier esclave, etc.
En résumé on a :

  • hda Disque maître sur le 1er contrôleur IDE
  • hdb Disque esclave sur le 1er contrôleur IDE
  • hdc Disque maître sur le 2eme contrôleur IDE
  • hdd Disque esclave sur le 2eme contrôleur IDE

Si vous avez d'autres contrôleurs IDE (hé oui, cela arrive !) la numérotation se poursuit (hde, hdf, etc.).
Attention : les lecteurs de CD-ROM IDE apparaissent comme un disque dur. Si votre CD est maître sur la deuxième nappe par exemple, il sera nommé hdc.

Pour les disques SCSI, cette fois c'est l'ID SCSI qui va donner la lettre, le préfixe étant "sd".
Prenons par exemple 3 disques scsi d'id 0,1 et 3 on va avoir :

  • sda Disque d'ID 0
  • sdb Disque d'ID 1
  • sdd Disque d'ID 3
Attention : les lecteurs de CD-ROM SCSI, les ZIP, JAZ, etc. SCSI ainsi que les périphériques de stockage USB (appareils photo, clefs USB...) apparaissent comme un disque dur SCSI ; ils se nomment aussi sdx suivant leur ID. Astuce : pour connaître la liste de vos périphériques de ce type, tapez :
cdrecord -scanbus
.

Les partitions sont quant à elles représentées par le nom du disque dur, suivi d'un chiffre représentant la partition.
Par exemple, la première partition du premier disque IDE se nomme hda1, de même, la troisième partition du disque SCSI d'ID 1 se nommera sdb3.

Organisation des fichiers sous Linux

L'arborescence

Sous Linux, ou tout autre Unix d'ailleurs, il n'y a pas de lettre représentant le disque dur comme le C: de Windows/DOS.
De plus, le signe '\' est remplacé par '/' pour séparer les répertoires.
Il y a une seule arborescence, qui débute à la "racine", notée '/', et tous les disques durs/partitions apparaissent dans cette arborescence avec leur contenu de façon transparente comme un répertoire.

Les périphériques
De plus, tout périphérique est identifié à un fichier qui se trouve dans le répertoire /dev (comme device, périphérique en anglais). Par exemple, le disque maître du deuxième port IDE est identifié par /dev/hdc, sa deuxième partition par /dev/hdc2.
Le lecteur de disquette est représenté par /dev/fd0, etc.

Les partitions / les points de montage
Les partitions que l'on va créer sur les disques durs seront attachées à des répertoires de l'arborescence, ou "points de montage". C'est ce qu'on appelle "monter une partition". Le point de montage est un simple répertoire, vide avant le montage, et qui après le montage, représente le contenu de la partition montée.
Par exemple, supposons que nous ayons créé une partition /dev/hda2 (premier disque IDE, 2ème partition) pour contenir le système. On montera cette partition (automatiquement, heureusement !) dans le répertoire racine /. Si la partition /dev/hda3 est destinée à contenir les données utilisateur, on la montera dans le point de montage (=répertoire) /home. On verra le contenu de cette partition dans le répertoire /home comme si c'était n'importe quel autre répertoire, alors que physiquement les données sont sur une autre partition.
De même, pour accéder à la disquette, on montera le périphérique /dev/fd0 dans le point de montage /mnt/floppy ou /floppy (selon la distribution) et pour accéder au CD-ROM, on montera le périphérique /dev/cdrom dans le point de montage /mnt/cdrom ou /cdrom.

Les répertoires standards
Linux possède des répertoires "spéciaux" à la racine (un peu comme le C:\windows), qui sont classiques dans les systèmes Unix et peuvent ou non représenter un point de montage pour une partition.

On a déjà vu par exemple le répertoire spécial /dev où tous les périphériques sont répertoriés en tant que fichiers, ou encore le répertoire /home qui contient les données personnelles des utilisateurs.

Chacun des répertoires ci-dessous peut être soit un simple répertoire dans la partition racine, soit le point de montage d'une autre partition, mais dans tous les cas le résultat est le même : des fichiers dans des répertoires.

Les répertoires standards de Linux sont :


/

La racine du système = la base.

/boot

Fichiers utilisés pour booter le noyau

/usr

Programmes, données, accessibles par les utilisateurs et non nécessaires lors du boot

/home

Tous les répertoires de base des utilisateurs et de certains services comme le FTP, le serveur Web, Samba, etc.

/dev

Tous les périphériques. Le repertoire est en général géré dynamiquement par le système.

/bin

Programmes nécessaires au boot, et disponibles ensuite à tous les utilisateurs

/sbin

Programmes nécessaires au boot, disponibles au root uniquement

/var

Fichiers de log, spool d'impression, de mail, etc. En général, fichiers qui changent tout le temps ( variable, d'ou le nom /var )

/etc

Fichiers de configuration du système

/root

Répertoire home de l'administrateur

/lib

Bibliothèques et modules (comme les DLL de Windows) nécessaires au boot

/tmp

Fichiers temporaires

/mnt

Répertoire proposé pour monter des périphériques (ou /mnt/cdrom, /mnt/floppy, /mnt/zip, etc.)

/proc et /sys

Fichiers d'information sur la configuration système (les fichiers sont générés dynamiquement, pas de modifications possibles). Les fichiers dans ce répertoire n'existent pas sur le disque, c'est Linux qui les crée en temps réel lorsque vous en avez besoin.

/opt

Dans ce répertoire (optionnel), on peut ajouter des logiciels afin qu'ils ne s'installent pas dans les répertoires système. Peu utilisé, sauf par certaines applications commerciales.

Et j'en passe...

Passons à la pratique !

On peut installer Linux sur une partition DOS/Windows avec par exemple Linux4win de Mandrake. Cette méthode est pratique car elle nécessite un minimum de travail sur le système d'exploitation d'origine (en général Windows) : Linux s'installe dans un gros fichier sur le disque Windows.
Cependant, je vous déconseille cette méthode, à moins que vous y soyez obligé. Un tel système est très ralenti (au moins d'un facteur 2) et vous allez être très déçu des performances de Linux ; de plus il arrive parfois des problèmes d'incompatibilités avec cette méthode. Au prix où sont les disques durs aujourd'hui et vu leur taille grandissante, vous trouverez bien de la place pour créer des partitions Linux.

Préparation

Avant de commencer l'installation, vous allez donc devoir libérer de la place pour les nouvelles partitions Linux. Si vous comptez installer Linux sur un disque vierge, pas de problème. Par contre, si vous voulez faire cohabiter Windows et Linux sur le même disque, et que Windows est déjà installé sur la totalité du disque, il va falloir arranger ça :) (à moins que vous ne vouliez réinstaller Windows de zéro).

On va devoir passer de ça :

<----------------- Windows -------------->
|==========================================| <- disque dur

à ça :

<- Windows -> <- place libre pour Linux ->
|=============|============================| <- disque dur

Alors soit vous virez tout et vous réinstallerez Windows, c'est le plus simple évidemment,
soit vous redimensionnez votre partition Windows. Pour ce faire, utilisez un logiciel approprié, comme FIPS (souvent sur les CD des distributions), ou Partition Manager (un freeware sous DOS) encore Partition Magic (produit commercial). Pour ça, je vous renvoie à la documentation du logiciel utilisé.

Remarque 1 : Partition Manager a l'air intéressant, il fonctionne sous DOS et existe en version française. Il permet de gérer les partitions, de sauver le MBR (Master Boot Record, c'est là que vient s'enregistrer [install.php3#lilo LILO]) dans un fichier, de le restaurer, de modifier la taille d'une partition, de la formater, etc. (Voir la page de Partition Manager.)

Remarque 2 : la distribution Mandriva est livrée avec un utilitaire de repartitionnement très performant, sachant même redimensionner les partitions au format NTFS.

Dans tous les cas, pensez à sauvegarder vos données perso !

Installation proprement dite : le partitionnement des disques

La plupart des installations commencent de la même façon : on crée une disquette de boot sous DOS/Windows avec l'utilitaire "RAWRITE" (livré sur les CD des distributions), des fois même deux disquettes (pour la Slackware) ; en général le CD de la distribution est bootable (Mandrake par exemple) et il n'y a alors pas besoin de disquette. Puis on boote sur la disquette ou le CD.
Ensuite on suit les indications du programme d'installation, puis on arrive sur le partitionnement des disques (attention à la Slackware où on n'atterrit pas sur ce point directement : après s'être logué en root il faut taper "fdisk" AVANT de taper "setup"). Détaillons un peu cette procédure de partitionnement.

Pour partitionner votre disque vous allez appeler la commande fdisk suivie du nom du disque sur lequel vous voulez installer Linux, par exemple "fdisk /dev/hda". Des logiciels plus conviviaux existent comme DiskDruid (disponible lors de l'installation d'une Red Hat par exemple) ou DiskDrake de MandrakeSoft fonctionnant en mode graphique (mais il me semble qu'il nécessite que Linux soit déjà installé !).

Je vous renvoie à l'installation HOWTO (anglais/français) pour toutes les commandes de fdisk ; les principales sont :

  • n Crée une partition, de type linux native (ext2fs) par défaut.
  • t Change le type d'une partition (83 linux native, 82 linux swap).

Dans fdisk, tapez "m", afin d'accéder à la liste de toutes les commandes possibles. C'est assez bien indiqué dans l'installation-HOWTO.

Attention : le nombre de partitions dites "primaires" est limité à 4. Ainsi, si vous souhaitez définir plus de 4 partitions sur un même disque, l'une de ces 4 partitions primaires doit être définie comme "étendue", elle contiendra alors toutes les autres partitions. Les partitions primaires sont numérotées de 1 à 4, les partitions créés à l'intérieur de la partition étendue sont numérotées à partir de 5.

De combien de partitions allez vous avoir besoin ?

  • Tout d'abord, une partition pour le swap. Le swap c'est la mémoire virtuelle de Linux. La taille ? Ca va dépendre de votre mémoire physique. En règle générale, on avait pour habitude de doubler la taille de la mémoire physique mais cela n’est plus indispensable avec les ordinateurs d’aujourd’hui. Pour les machines disposant de 512 Mo ou plus de RAM, il convient de choisir une partition swap de taille identique. Je vous conseille donc un swap de 512 Mo (pour 512Mo dans mon ordi.) : créez sous Linux avec fdisk une partition de type 82 de 512 Mo.
  • Pour le reste, vous avez le choix :
    La chose la plus simple est une seule partition (en plus du swap), qui contiendra toutes les données (système & utilisateur) ; prenez le plus de place possible (1 Go mini).
    En fait, il est intéressant de créer au moins deux partitions : une qui contiendra le système et une autre pour vos données personnelles. Comme ça, vous pouvez réinstaller Linux et même formater la partition système sans perdre vos données perso. Pour la même raison, on peut pousser le raffinement jusqu'à avoir une troisième partition afin de contenir les logiciels que vous installerez par la suite (OpenOffice par exemple). (voir plus haut le tableau des [#repertoires_std répertoires standards])

À ces partitions, on attribuera des points de montage.
- C'est quoi un point de montage ?
- Ah mais vous n'avez pas lu le paragraphe [#orga_fichiers précédent] ? :-)

Si vous installez un serveur :

L'une des méthodes les plus utilisées, c'est de mettre le / sur un petit disque ou une partition, puis /usr sur un autre disque en point de montage. Si notre système va être un serveur avec beaucoup d'utilisateurs, qui vont avoir beaucoup de données personnelles à stocker, on peut créer aussi un /home en point de montage sur un autre disque. On va aussi généralement réserver un disque ou une partition pour le répertoire temporaire que l'on montera dans /tmp, et encore une autre pour le /var. En fait, on ne va laisser dans le disque contenant la racine que les informations qui bougent peu et dont le volume augmente peu.
Ainsi on ne charge pas le disque de point de montage / des répertoires /usr, /home, etc., ce qui permet de facilement maintenir le système (si /home est plein, on prend un disque + gros que l'on monte en /home et on recopie tout dessus, ça permet de ne pas casser le reste...), etc. Ca a plein d'avantages, je vous conseille de faire comme ça si vous avez plusieurs disques. De plus si un disque crashe, si ce n'est pas le disque contenant la racine /, ça permet de rebooter quand même la machine, de travailler un minimum pour réinstaller un disque sans à avoir à réinstaller un système de base.
Remarque : si vous installez un serveur qui sera très sollicité, soyez généreux pour la taille du swap (2 fois la taille de la RAM est un bon début).

Si vous installez sur une machine perso :

Sur une machine mono-utilisateur, voire mono-disque, on peut faire une partition pour le / (mini 1Go recommandé 2Go), une pour /home et une pour le swap (128 Mo par exemple). Vous pouvez aussi éventuellement faire une partition pour /opt qui contiendra les logiciels que vous avez installés vous-même et qui ne proviennent pas de la distribution. Ca permet de mettre à jour voire de réinstaller la distribution sans trop devoir travailler derrière pour que ça fonctionne comme avant.

exemple de partionnement :

<- /dev/hda1 -> <--- /dev/hda2 (étendue) -->
(primaire) /dev/hda5 hda6 hda7
<-- Windows --> <-- / --> <- /home -> <swap> <-pt de montage
|===============|=========|===========|======| <-disque dur
10 Go 4 Go 25 Go 512 Mo

Lorsque vous disposez de beaucoup de place sur vos disques (j'ai par exemple 2 disques de 80 Go), pour une utilisation personnelle, 3 ou 4 Go suffisent pour la racine (ou alors 1 Go pour la racine et 2 Go pour /usr), gardez votre swap entre 128 et 512 Mo, et enfin, le reste pour /home (j'ai monté un de mes disques contenant une seule partition dans /mnt/data et j'y stocke mes fichiers multimédia).

Cette page est issue de la documentation 'pré-wiki' de Léa a été convertie avec HTML::WikiConverter. Elle fut créée par J.C. Cardot & S. Tchesmeli le 29/11/1999.

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